JERU THE DAMAJA - Ya Playing Yourself
"Né à Brooklyn Jeru the Damaja (Kendrick Davis) est devenu l'une des personnalités les plus importantes du Hip-Hop avec KRS-ONE. Ca première rencontre avec le Hip-Hop remonte à 1978, il avait 7 ans, cette culture ne s'appelait pas encore Hip-Hop. C'était une culture qui vivait d'abord par la rue avant d'arriver chez les disquaires. Jeru était encore trop jeune pour s'acheter des disques alors il n'avait pas d'autre choix que de les voler. Il commença à écrire des rimes à l'âge de dix ans. Au lycée, il rencontra Guru et Dj Premier.
Au milieu des années 90, Jeru remettait en question le Hip-Hop et prévenait à qui voulait l'entendre que le Hip-Hop était dans une mauvaise passe.
"This album was created to SAVE hip-hop and the minds of people who listen to it. Peace !". Cette phrase, résumée d'une manière brève et précise, exprimait clairement quel était le but de l'artiste.
Jeru, prône également le respect des femmes et évoque souvent les ravages de la drogue. Il entreprend avec force et conviction la tâche de réhabiliter l'image de la nation noire et de la rendre attentif aux préoccupations matérialistes dans lesquelles elle et le rap ont sombré.
Il faut attendre 1992 pour entendre le premier morceau de Jeru en duo avec Guru. Peu de temps après un premier maxi sort produit par Premier. Come clean attaque la West Coast et les faux semblants.
The Damaja a toujours eu une approche old school. Pour lui le Hip-Hop fait partie du quotidien, il critique sans retenue les rappeurs qui parlent de thèmes qu'ils ne connaissent pas, Come clean était un moyen d'avertir les gens de la situation dans le rap.
En 94 Jeru sort son premier opus The Sun Rises In The East. Premier s'occupe des sons et Guru de la production. Il enchaîne en 96 avec un nouvel album Wrath Of The Math. Jeru confirme avec ce deuxième album et n'hésite pas à critiquer Puff Daddy et les Fugees. Cet album avait pour but de sauver le Hip-Hop. Cependant, vu la situation actuelle du rap aujourd'hui, et malgré la pertinence de ses thèmes et titres comme "Ya Playin' Yaself" (Tu te la joues) ou "The Bullshit", la tâche n'a malheureusement pas été remplie.
Représentatif de la côte Est, The Wrath of the Math reste très hardcore : gros beats et boucles sonores répétées à l'infini et accompagnées d'une voix grave et puissante. "Revenge of the Prophet", est un morceau tout simplement exceptionnel, le beat est simple mais ne lasse pas pour autant l'auditeur. N'oublions pas d'ajouté à cela le flow extraordinaire du Prophet.
Cet album peut s'écouter en boucle sans problème, sans oublier l'apport non négligeable de Premier qui nous apporte une simplicité de son extraordinaire qui colle parfaitement avec le flow de Jeru.
Après cet album, The Prophet voulu s'éloigner de Premier. Celui-ci sentait qu'il ne pouvait pas s'exprimer pleinement, il voulait que le beat et le rap se marient mieux. Une autre raison de cette rupture et le fait que beaucoup de gens ont cru que le succès de Jeru était du uniquement au performance de Premier et de Guru, c'est pourquoi il n'hésita pas à tourner la page.
Il se lance et monte sa structure, produit ses sons et s'essaie au mix sur Supahuman. Et même si cela reste un essai, l'important pour Jeru était d'acquérir une autonomie, ce qui, pour un artiste comme lui est très important car l'autonomie c'est la liberté. Il essaye de reproduire ce qu'il ressent en lui.
Il n'hésite pas non plus à aider des MC underground et prend sous son aile Afu-RA et lui donne la possibilité de s'exprimer sur son album.
Du fait de la mutation du rap, The Prophet a décidé de prendre ses distances avec cette musique. Le rap est devenu l'apologie de la débauche, de la défonce et du capitalisme (les trois C : cash, cars and clothes). Le rap n'est plus objectif, n'affiche plus un regard critique sur la société et le monde qui nous entoure. « On parle trop d'argent, de clips, de contrats ». Il n'a plus aucune profondeur. « Le rap est une métaphore qui frôle le mensonge permanant ».
Ce que l'on retiendra en premier chez Jeru c'est son côté authentique. Il laisse parler ses émotions, ses pensées, il n'essaye en aucun cas de les mettre dans un tiroir et faire l'homme sandwich des majors. C'est pourquoi on l'appel The Prophet, le prophète qui prêche la bonne parole."
U can't stop the Prophet
Bon petit texte pour un grand artiste !